Publié le dimanche 18 mai 2008

Ça va être laid, it's gonne be awful

18 05 2008

Il a suffit que le journal The Gazette publie quelques extraits non-officiels du rapport de la commission Bouchard-Taylor pour que les réactions négatives fusent de toute part. Ça va être beau quand le rapport final va paraître dans quelques jours. Je pense que le gouvernement Charest va atteindre l’objectif d’harmoniser les relations entres les communautés culturelles, tout le monde sera contre les conclusions du rapport. J’y reviendrai un fois le rapport publié.

Rapport ou pas, il y a une chose dont il faut parler, c’est de la nécessité pour les francophones d’avoir une meilleure connaissance de l’anglais. La réaction de Jean-Paul Perreault, d’Impératif français, aux fuites du rapport en dit long sur la résistance des francophones. Il dit essentiellement que favoriser l’apprentissage de l’anglais nous condamne à une plus forte anglicisation pour s’ouvrir à l’immigration. Il n’y a qu’au Québec qu’on peut entendre des personnes prétendre qu’apprendre l’anglais est une menace pour notre langue maternelle et notre culture. On n’apprend pas l’anglais pour s’ouvrir à l’immigration, mais pour s’ouvrir sur le monde.

Pensez-vous que Guy Laliberté et le cirque du Soleil, René Angélil et Céline Dion, Robert Lepage, Simple Plan et tous les autres dans tous les domaines d’activité, du jeux vidéo à la recherche scientifique, auraient réussis à l’étranger sans parler l’anglais? Tous les québécois qui ne parlent pas anglais sont condamnés à vivre comme des insulaires prisonniers de leur petite île culturelle et paranoïde. Ah! Qu’on est bien entre nous, qu’on se sent donc en sécurité loin des dangers de l’assimilation des diaboliques anglais. N’importe quel jeune suédois parle mieux anglais que n’importe quel jeune d’ici, pourtant nous baignons dans un bain de culture anglophone, ce serait tellement facile de l’apprendre. Surtout quand on est jeune, l’apprentissage est tellement plus facile.

Comme beaucoup de baby-boomers, je suis arrivé sur le marché du travail sans une connaissance suffisante de l’anglais. Je l’ai appris une fois adulte grâce aux programmes de bilinguisme du gouvernement de Pierre-Elliot Trudeau. Je voulais travailler dans le domaine des relations publiques et internationales. Mon anglais, bien que correct, n’a jamais été à la hauteur de mes aspirations. Dans mes nombreux contacts avec des centaines de personnes de partout dans le monde, j’ai souvent été surpris par leur connaissance de l’anglais alors que leur pays d’origine ne permettait pas beaucoup de contact avec cette langue. J’en veux encore à ceux qui ont décidé et décident encore que d’enseigner l’anglais aux élèves québécois c’est dangereux et pas vraiment nécessaire en bas âge. Pour accéder à des postes de direction dans toutes les entreprises, il faut impérativement parler anglais. Ce n’est pas en suivant une heure par semaine d’anglais langue seconde au primaire et deux au secondaire que nos jeunes apprendront la langue. Il en faudrait deux fois plus, soit un total de 1200 heures au lieu des 644 actuelles pour qu’ils parlent un anglais fonctionnel.

Le vrai danger qui nous guette, ce n’est pas l’assimilation par l’apprentissage de la langue anglaise, c’est que dans une ou deux générations, les enfants des immigrants d’aujourd’hui qui seront très nombreux aient accès aux meilleurs emplois parce qu’ils parleront au moins trois langues, leur langue d’origine, notre langue et la langue universelle, l’anglais. C’est tout le bien que je leur souhaite. Réveillons-nous!